PRODUCTION SOMME PATRIMOINE, DRAC HAUTS-DE-FRANCE
En 2020, Cléa Coudsi et Éric Herbin sont invités à la Citadelle de Doullens dans le cadre d'une résidence de création artistique. Leur travail s'intéresse à la dernière période d'activité de cette forteresse construite au XVIᵉ siècle, marquée par l'accueil, à partir de 1962, de plusieurs centaines de familles harkies qui y vécurent durant plusieurs années.
Les textes sont gravés sur des fragments de pierre provenant des ruines de la Citadelle de Doullens. Ils sont issus de récits recueillis au fil des rencontres auprès d'anciens harkis et de leurs familles. Les portraits sont ceux des personnes qui les ont confiés.
Ostraca, c'est ainsi que les égyptologues ont nommé les éclats de pierres calcaires blanches de la montagne thébaine, sur lesquels les scribes et les peintres égyptiens écrivaient, dessinaient. Les ostraca pouvaient servir d'archive et d'aide-mémoire. Ces éclats, utilisés comme brouillons, nous livrent les informations les plus diverses : comptes, esquisses, ébauches de textes ... Cette « poésie discrète de l’énonciation des choses » qu’Arlette Fage reconnaît comme des « tableaux de paroles ».
Certains ostraca étaient recouverts de ce que les archéologues ont appelé des "mondes à l'envers" des représentations qui donnaient à voir d'autres mondes où les choses étaient à la fois identiques et différentes, familières et étrangères.
Plus tard, les Grecs Anciens utilisent ce même mot pour nommer les tessons de céramiques sur lesquels ils inscrivaient les noms des personnes à exiler.