(Re)jeux
2022-2023, Images extraites du film (Re)jeux, 25’00 min
Stills from the film (Re)jeux, 25’00 min
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Stills from the film (Re)jeux, 25’00 min
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Ce projet a bénéficié du soutien de la Drac Hauts-de-France et de l’accompagnement de Somme Patrimoine.
Le rejeu est la reprise du mouvement tectonique le long d’une faille préexistante. À la suite de sa création lors d’un premier mouvement tectonique, une faille peut connaître, dans un temps géologique plus ou moins long, un ou plusieurs autres mouvements des plaques en jeu dans la faille initiale. La faille « rejoue » ou a « rejoué ». Nous pourrions également utiliser le terme de « réactivation ». La succession des rejeux constitue l’historique de la faille.Ce terme est également utilisé parles démographes pour évoquer par exemple « le rejeu d’une faille générationnelle ». (Raphaëlle Branche « Papa, qu’as tu fait en Algérie ? » Éditions de la Découverte)
En découvrant la Citadelle de Doullens, nous entamions un itinéraire à travers plusieurs siècles d'histoire. Notre premier guide fut l'archéologue Gilles Prilaux. Il nous proposa de « remonter à contre-courant les strates des dépôts sédimentaires » et de nous attacher à la dernière période d'activité de la Citadelle, celle marquée par la présence de centaines de Harkis et de leurs familles.
Aujourd'hui, ce sont des enfants de Harkis qui nous guident. Ils nous conduisent vers cette histoire commencée en 1962.
Il est difficile de tracer les contours de l'histoire des Harkis de Doullens. Les souvenirs d'enfants sont plus ou moins précis, et la plupart évoquent le silence de leurs parents.
« Ils sont partis avec leurs souvenirs », dit Fatma dans le film, où nous la voyons rechercher les traces de son passage à la Citadelle.
Yamina nous confie : « J'ai cherché le robinet extérieur. Ma mère racontait combien l'eau manquait. L'hiver, l'eau gelait dans le robinet. »
Le film voyage entre Doullens, Marseille, Rivesaltes et les quartiers nord d'Amiens. Où ont vécu ensuite beaucoup de Harkis de Doullens et leurs familles.
Nous y avons rencontré et filmé des enfants ; certains ont également connu l'expérience de l'exil. Des « enfants-ponts » qui ont ouvert le projet sur le présent. Existe-t-il une histoire qui n'entre pas en résonance avec d'autres histoires ?
Des images réalisées au cours de nos voyages ont été imprimées sur des feuilles de métal aussi fines que du papier. Elles circulent entre les mains des enfants d'aujourd'hui et de ceux qui étaient enfants en 1962.
Chacun choisit une image, la froisse et la compresse en boule. Chacun contribue, couche après couche, à la formation d'une « planète » faite de lieux, d'époques et de souvenirs.
Les enfants jouent avec cet objet. Ils font rouler le monde, ils font rouler l'histoire.
This project was supported by the DRAC Hauts-de-France and developed with the support of Somme Patrimoine.
The title (Re)jeux is deliberately left in French because it cannot be translated without losing its multiple meanings.
In geology, rejeu refers to the renewed movement of a pre-existing fault. After its formation during an initial tectonic movement, a fault may move again one or several times over geological time. The fault is said to “replay” or to be “reactivated.” The succession of these renewed movements constitutes the history of the fault.
The term has also been used by demographers to evoke, for example, the “reactivation of a generational fault line.”
(Re)jeux also contains the French word jeu — “play” or “game” — and evokes the act of playing again.”
When we first discovered the Citadel of Doullens, we embarked on a journey through several centuries of history. Our first guide was the archaeologist Gilles Prilaux, who invited us to "to work our way back through the sedimentary layers" and to focus on the Citadel's final period of activity, marked by the presence of hundreds of Harkis and their families.
Today, it is the children of Harkis who guide us. They lead us into this history that began in 1962.
It is difficult to trace the contours of the history of the Harkis of Doullens. Childhood memories are fragmentary, and most recall the silence of their parents.
During a visit to the Citadel, Yamina told us: "I looked for the outdoor water tap.My mother used to tell us how hard it was to get water. In winter the water froze in the tap."
The film travels between Doullens, Marseille, Rivesaltes, and the northern districts of Amiens, where many of the Harkis from Doullens and their families later settled.
There we met and filmed children, some of whom have also experienced exile. They became "bridge children", opening the project onto the present. Is there any history that does not resonate with other histories?
Images made during our journeys were printed on sheets of metal as thin as paper. They pass from the hands of today's children to those who were children in 1962.
Each participant chooses an image, crumples it, and compresses it into a ball. Each contributes, layer by layer, to the formation of a "planet" made of places, eras, and memories.
The children play with this object. They set the world in motion; they set history in motion.